Ar Harz, Bretagne

Pour un hameau « Off Grid »

Le terrain est actuellement utilisé comme champs de culture intensive. La valeur biologique du site est faible, le sol est compacté et des polluants tels que des engrais chimiques et des pesticides sont déversés sur le site depuis des années.

Plusieurs bâtiments existent sur place mais sont à l’état de ruine, sauf un qui est habité par l’un des propriétaires. Il vit sans raccordements à l’eau, aux égouts ou encore à l’électricité.

Le terrain, d’une surface de plus de 7 ha, présente un dénivelé moyen (environ 20 m de différence entre le Nord et le Sud). La pente est orientée Nord. Une zone humide s’est formée dans la partie Nord du champ. Une végétation existante est à maintenir, particulièrement sur toute la partie Nord où elle prend des allures de zone sauvage, source intéressante pour la biodiversité. L’accès se fait au Sud depuis la route existante.

L’objectif est de créer un espace autonome en eau, électricité, traitement des eaux noires et grises, ainsi qu’en nourriture. Pour cette première esquisse, nous avons estimé à 20 personnes le nombre d’habitants possible et nous sommes concentré principalement sur la production alimentaire. Le lagunage de traitement des eaux prendrait place sur le terrain à l’Est des habitations. L’énergie électrique nécessaire serait produite via des panneaux photovoltaïques qui situés sur les toitures. Un nouveau bâtiment est construit pour accueillir des ateliers d’ébénisterie et de luthier. Il servirait également d’entrepôt pour les jardins.

La volonté est de créer un lieu d’observation de la nature et d’expérimentation. L’objectif n’est pas de produire en masse mais bien de profiter de cette étendue pour ramener une biodiversité écologique intéressante. L’idée est également de susciter l’intérêt des locaux et de leur proposer de participer à la gestion du site en échange d’une partie de ce qui est récolté. La possibilité de voir une coopérative maraîchère prendre forme ultérieurement est envisagé.

L’esquisse présente :

  • un potager en bacs sur terre de 20 ares au total avec un espace de détente central, sous un arbre caduque, ainsi qu’une serre enterrée (walipini) prolongée par une serre sur sol ;
  • des buissons et arbustes, porteurs de baies ;
  • un verger de fruits, allant du pommier au châtaigner ;
  • un marre intègrée dans un paysage plus large à destination de la faune et de la flore.

Évidement pour atteindre un tel résultat, les étapes intermédiaires sont nombreuses. À commencer par la dépollution des sols et un long processus de restructuration qualitative. En résumé, les trois étapes principales seraient :

  • décompacter le sol en suivant les courbes de niveaux via à une lame vibrante sur tracteur (nécessaire étant donné la superficie) ;
  • si le pH du sol est trop acide, ajouter de la chaux ;
  • semer de l’engrais vert, à faucher et à laisser sur place deux ans.

De manière à créer un microclimat, une protection contre les vents est indispensable et serait à planter en même temps que la restructuration du sol est en cours. Pour la plantation du verger, une distante égale à la hauteur des arbres plantés, arrivés à maturité, reste libre ; d’une part car cette zone est plus ombragée, d’autre part parce que la compétitivité des racines est plus grande.

Les « arbres repères » sont destinés au repos et à la détente, tels des oasis. Ils sont les premiers arbres plantés. Ils seront également les premières « stepping stones » et habitat pour la faune et la flore.

En ce qui concerne l’eau, une pompe alimenterait une citerne au point haut. L’eau serait alors distribuée vers différents points plus bas, par gravité.

Avec ce projet, c’est un véritable havre de paix qui est créé, un éden autonome et résistant aux aléas naturels grâce à la diversité et aux nombreux services écosystémiques retrouvés : « Ar Harz, un hameau off grid en Bretagne ».